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  • Le boom des objets connectés

  • Discipline :
  • Santé connectée
  • Auteur :
  • Frédérique Guénot
  • Date :
  • 11/11/2015
Entre bien-être et télémédecine, Le boom des objets connectés. De 150 millions d’euros en 2013, le marché des objets connectés bondira à 500 millions en 2016. Et la santé y figure en bonne place qui affiche le taux de satisfaction le plus élevé chez les utilisateurs…

Mesure du rythme cardiaque, de l’indice de masse grasse, de la pression artérielle et même de l’oxygénation du sang… Les potentialités des objets de santé connectés semblent  infinies. Or les termes pour désigner la recherche et le partage d’informations santé via les nouvelles technologies se sont développés, de même que les possibilités d’utilisation. Et ce d’autant que ces objets connectés connaissent un engouement sans précédent grâce à la sophistication incessante des téléphones dits intelligents, lesquels permettent de recueillir les informations et de les transmettre notamment sur les réseaux sociaux. Aussi, définir le concept semble essentiel afin d’en préciser les enjeux, tant pour la médecine que pour le patient et le corps médical.

Si la e-santé désigne les informations, espaces, forums de partage et autres services disponibles sur le web, le terme recouvre en fait deux réalités très différentes. Comme l’indique le livre blanc Préconisations e-santé 2014 du Catel1, la e-santé inclut d’une part la gestion du marché du bien-être ciblé grand public, d’autre part les activités de la télémédecine entrant dans le cadre légal des actes médicaux. Si le premier secteur reste peu réglementé, le second est très encadré techniquement et juridiquement. En termes de contenus, ensuite, la gestion du marché du bien-être rassemble des centaines d’acteurs —éditeurs d’applis, fabricants d’appareils, hébergeurs de données...—, la télémédecine regroupe quant à elle les dispositifs destinés aux médecins, hôpitaux et professionnels du secteur. Deux univers distincts qui finissent par se rejoindre puisque 94% des médecins déclarent avoir une utilisation professionnelle de leur smartphone2.

Concrètement, les outils de la e-santé permettent aux patients de surveiller leur santé à titre préventif, de communiquer avec leur médecin via des applications, la prise de rendez-vous ou la génération d’alertes en cas de problème. Ces applications de captation de mesures (rythme cardiaque, calories ingérées, nombre de pas effectués, etc.) logées au cœur d’objets connectés (bracelets, montres, pèse-personnes), concernent essentiellement des maladies chroniques. De son côté, la télémédecine inclut les domaines qui mettent en jeu des actes médicaux dans le respect des règles établies par le Conseil national de l’ordre des médecins et le cadre légal défini par les articles dédiés du Code de la Santé publique.

Une médecine plus collaborative

et centrée sur le patient

En France, plus de 70 % de la population est connectée à Internet et la moitié de ces utilisateurs fréquentent des sites Santé. A cet égard, Rue du Commerce et Connexted3 ont dévoilé en début d’année une infographie4 sur les « objets connectés » qui décrit un marché jeune et qui se développe à la vitesse grand V. Parmi ces objets, l’univers de la santé est celui qui enregistre le taux de satisfaction le plus élevé chez les utilisateurs. Le bénéfice apporté par ces objets, outre qu’il est apprécié par les consommateurs, est donc bien réel. Pour preuve, alors qu’on estimait son poids à 150 millions d’euros en 2013, on prévoit que le marché des objets connectés atteindra les 500 millions d’ici 2016 en France5. Et, selon le syndicat professionnel Syntec Numérique, la e-santé pèserait aujourd’hui 200 à 300 millions d’euros par an en France, dont 80 à 140 millions pour la télémédecine. De son côté, l’informatisation globale du système de santé oscille entre 2,2 et 3 milliards d’euros par an. Des chiffres qui donnent le vertige, certes, mais qui laissent entrevoir les formes d’une médecine plus collaborative et centrée sur le patient.

Zone d’ombre  dans cette industrie florissante,  la déshumanisation de la relation soignant/soigné. Car si les patients découvrent régulièrement de nouveaux objets de suivi qui les aident dans la prise en charge quotidienne de leur pathologie, ils craignent de s’éloigner du corps médical. Ce qui laisse à penser qu’ils auraient tout à gagner à prendre part au débat citoyen autour du progrès numérique en santé.

Frédérique Guénot

1.         Réseau des acteurs de la e-santé en France.

2.         Baromètre réalisé par le CNOM et Vidal pour analyser l’usage des smartphones par les médecins. Etude réalisée par mail auprès de 3 138 médecins, dont 55% de généralistes, les deux tiers ayant entre 40 et 60 ans.

3.         Connexted est une plateforme indépendante qui référence des centaines d’objets connectés. Elle permet aux consommateurs et aux experts de les évaluer.

4.         Infographie basée sur les ventes d’objets connectés chez RueDuCommerce en 2013 et 2014. Les informations sur la perception des objets connectés sont issues des 400 avis déposés sur Connexted.fr.

5.         Source GFK.

 

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