TLMFMC - Formation Médicale Continue - Développement Professionnel Continu
> Retour à la présentation du Dossier 111
  • Comment conjuguer technologies et clinique…?

  • 33 propositions émanent de cette réflexion centrée sur l’impact actuel et futur des nouvelles technologies sur l’exercice de la médecine, la formation des médecins, la recherche médicale, mais aussi la place des patients dans le système de santé. Tout l’enjeu consiste à « identifier dès maintenant les risques que la société numérique comporte afin de les combattre tout en soutenant tous les bénéfices qu’elle peut apporter au service de la personne ». S’il paraît indiscutable que «la médecine comportera toujours une part essentielle de relations humaines, quelle que soit la spécialité, et ne pourra jamais s’en remettre aveuglément à des “décisions” prises par des algorithmes dénués de nuances, de compassion et d’empathie », le CNOM estime que «les algorithmes et l’intelligence artificielle seront nos alliés, comme un apport essentiel pour l’aide à la décision et à la stratégie thérapeutique », ainsi qu’à la recherche médicale. 

     

    La formation en ligne de mire

     

    En effet, si les technologies et l’intelligence artificielle sont amenées à compléter l’action du médecin en permettant à ce dernier de se consacrer pleinement à la complexité de chaque patient, le CNOM estime « indispensable de former des maintenant les médecins en fonction du monde dans lequel ils exerceront, où les technologies tiendront aux côtés de la clinique une grande place ». Il recommande que « dans le cursus de la formation initiale, comme d’ailleurs ensuite dans le développement professionnel continu, la simulation utilisant des moyens numériques interactifs soit plus largement déployée ».

    De nombreuses recommandations ont ainsi trait à la formation, initiale et continue, sans oublier celles liées aux interrogations éthiques. De même, l’évolution des métiers doit être prise en compte, « en raison des tâches qui pourraient être accomplies par des systèmes intelligents ». Toujours selon le CNOM, la conférence des doyens de médecins, consciente des bouleversements en cours, a remanié l’université numérique francophone des sciences de la santé et du sport et y a développé une offre complète de profils numériques. De même pour le secteur de la Recherche, désormais à l’heure du numérique avec le Plan France Médecine Génomique 2025, destiné au traitement mathématique de données massives de santé, grâce à la mise à disposition des capacités du centre de calcul du CEA. 

     

    Manipulation des données et fracture médicale

     

    Concernant la manipulation des données ensuite, le CNOM estime nécessaire la sensibilisation « à leur valeur et à leur intérêt » car «la qualité des données conditionne les résultats des traitements de big data » ; le sujet pose également la question du secret médical qui doit être préservé. Dans ce cadre, le CNOM rappelle que le traitement et l’exploitation des données «ne doit pas permettre l’identification d’une personne, au risque de conduire à des discriminations ». Par ailleurs, l’Ordre estime que les progrès attendus par ces technologies d’intelligence artificielle ne doivent pas accentuer les fractures sociales, socio-économiques ou culturelles. Il relève néanmoins que les déserts médicaux se superposent aux déserts numériques et recommande que les efforts en termes d’équipements permettent de doter l’ensemble du territoire de l’accès au haut débit. Enfin, le CNOM « recommande à la puissance publique » d’organiser un débat citoyen sur « l’impact des technologies d’intelligence artificielle et de la captation des données massives » afin d’éclairer les débats politiques à venir. A cette même puissance publique, il recommande de soutenir l’émergence du service public gratuit d’informations en santé prévu par la loi en y associant les productions de sociétés scientifiques mais aussi la libre expression critique du «patient empowerment » comme expression de la démocratie sanitaire dans le cadre d’une charte éditoriale à construire avec toutes les parties prenantes.

> Retour à la présentation du Dossier 111
  • Ce dossier est composé de 9 Articles