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  • EN ROUTE POUR L’HOMME AUGMENTÉ ! 66 millions de Superman…

  • Si des prothèses truffées de capteurs peuvent d’ores et déjà remplacer certains organes, (bras, jambes) ou encore les améliorer (oreilles, yeux), les prothèses du futur permettront aux amputés de retrouver l’usage total ou partiel de leurs membres. Innovation d’ampleur attendue au niveau des articulations puisque des exosquelettes attachés au bas du corps auront pour effet de décupler la force des jambes. Un prototype a déjà été mis au point par l’armée américaine pour permettre aux soldats de porter des charges de 100 kilos. De la même façon, les bras pourront être équipés de ports USB, voire d’une plate-forme d’atterrissage pour mini-drone… Les membres pourront ainsi être infatigables et interchangeables. Les prothèses intelligentes pourront se démocratiser non seulement chez les amputés mais aussi chez ceux qui souhaitent optimiser leur force, éviter les fractures ou encore développer leurs compétences physiques…

    Vue, ouïe, Des sens décuplés…

    S’il est déjà possible de redonner la vue à des aveugles grâce à des implants rétiniens électroniques placés dans le cerveau, l’approche la plus novatrice repose sur le génome d’une algue, capable de se déplacer naturellement vers la lumière. Pour les chercheurs, tout l’enjeu consiste à étudier le système visuel pour le transposer chez l’homme. Autre projet, la possibilité donnée à chacun de voir de nuit et dans le brouillard, en injectant dans l’œil une substance chimique présente chez certains poissons vivant en eaux profondes. Challenge ultime : recevoir sur sa rétine des mails et des photos, grâce aux futurs implants oculaires. En ce qui concerne l’ouïe, si on sait déjà fabriquer des appareils auditifs qui restituent le son de façon optimale, il sera possible demain de poser des implants dans l’oreille capables de déceler un bruit à plusieurs centaines de mètres. Pour la circulation sanguine, des chercheurs prévoient pour 2020 l’utilisation de capsules à même de nettoyer le sang et envisagent d’accroître sa capacité de transport en oxygène en s’inspirant d’un ver de sable à l’hémoglobine 50 fois plus efficace que la nôtre.

    Un cerveau ultra-puissant

    Le cerveau quant à lui serait renforcé : des capteurs placés sur la tête nous permettront d’actionner des objets par la pensée et des micro-électrodes implantés dans notre cerveau stimuleront ou non certaines parties de notre cortex. De même, nos pensées émaneront-elles, qui sait, d’un cloud dans lequel il serait possible de puiserà loisir des informations. Augmenté par les implants, notre cerveau sera peut-être aussi à même d’effacer les mauvais souvenirs. Enfin, et c’est une avancée majeure, la lutte contre les maladies neurodégénératives —telle la maladie d’Alzheimer ou de Parkinson— pourrait déboucher sur la pose de prothèses microélectroniques pour suppléer aux zones du cerveau défectueuses.

    Des organes vitaux en 3D

    Les organes plus complexes (cœur, yeux) pourront quant à eux être remplacés par des copies électroniques. Munies de capteurs et de microprocesseurs permettant de calculer la fréquence cardiaque, les prothèses de demain offriront un cœur plus résistant. Quant aux organes vitaux, tels que le cœur, le poumon, ou le rein, ils pourront être fabriqués in vitro à l’aide d’imprimantes 3D grâce à l’exploitation des cellules-souches. Avec un avantage énorme : zéro risque de rejet par le système immunitaire. Si les recherches sur l’embryon sont aujourd’hui très prometteuses, elles restent encore très encadrées en France. Enfin, la peau pourra être imprimée grâce à une bio-imprimante 3D à partir de différents types de cellules humaines cultivées in vitro. Aux Etats-Unis, des chercheurs ont déjà pu reconstruire des fragments de peau de visage, séduisant tous les industriels de la beauté, qui y voient les bases d’un commerce ultra-lucratif…

    Frédérique Guénot

    L’Homme augmenté pas si futuriste…

    «Marseille 2040 ». Le journaliste Philippe Pujol imagine dans ce livre un monde futuriste où chaque individu est pucé. Son taux de sucre dans le sang, son rythme cardiaque et pléthore d’autres indicateurs de sa santé sont analysés en continu. L’intelligence artificielle de chaque citoyen —une petite voix avec laquelle il communique en permanence— l’alerte si l’un des critères n’est pas dans la norme. Une société pas si lointaine de la nôtre à en croire les discours et recherches de certains. Bryant Chu, un chercheur de l’Université de Stanford, a récemment publié un article dans la revue Nature où il plaide pour le développement du bodyNET ou réseau corporel. Ce concept consiste en l’installation de capteurs et implants dans le cerveau humain, le corps et même dans les vêtements. Le but étant de mieux surveiller les maladies chroniques, améliorer la prévention, faciliter les téléconsultations, etc. Les médecins du futur pourraient ainsi apprécier l’état de leurs patients en temps réel. Selon Bryant Chu, les produits électroniques vont fusionner avec notre corps pour augmenter nos capacités. Constat partagé par Elon Musk. L’homme d’affaires, à l’origine de Tesla et Space X, a récemment créé l’entreprise Neuralink. Des chercheurs y travaillent afin de connecter le cerveau aux appareils connectés au cloud, notamment les ordinateurs. Les données seraient donc directement envoyées et actualisées en permanence. Des essais sont actuellement en cours sur des animaux en laboratoire. L’objectif mis en avant par le fondateur serait de développer un outil pour aider les patients atteints de lésions cérébrales. Il vise une interface partielle d’ici quatre ans environ. Mais comme beaucoup de découvertes liées à l’intelligence artificielle, le bodyNET a son lot d’interrogations éthiques. Ce type d’installations permettrait, par exemple, à une femme enceinte de porter des capteurs biométriques pour surveiller le rythme cardiaque de son bébé ou à un médecin de voir l’état moral d’une personne. Mais, quelle est la limite pour la vie privée ? Où ces données seront-elles stockées ? Pourraient-elles être détournées ? Cela n’engendrerait-il pas un risque d’automédication ou de société hypocondriaque ? Autant de questions qui devront être résolues avant la mise sur le marché de tels produits.

    Diane Cacciarella ■

     

    Des cellules artificielles pour éliminer les cellules cancéreuses

    Des chercheurs israéliens ont expérimenté des cellules artificielles qui pourraient remplacer l’actuel traitement des cancers par chimiothérapie. Pour cela, les petites particules de magnétite synthétisées par des bactéries seraient regroupées et guidées vers la tumeur. Un champ magnétique permettrait à ces nanoparticules de se déplacer et, surtout, de détruire les cellules cancéreuses en créant une surchauffe. Mais leur rôle ne s’arrête pas là. En effet, les chercheurs en bionanotechnologies et en nanomédecine basés à Haïfa travaillent dans un domaine de la médecine appelé nanothéranostique, qui combine la thérapie et le diagnostic à une échelle nanodimensionnelle. Autrement dit, la maladie est traitée par des nanoparticules qui sont aussi capables de remplir une deuxième ou troisième fonction en cas d’excitation optique ou autre. Par exemple, en situation d’excitation optique, les nanoparticules deviendraient fluorescentes pour que les médecins les identifient dans le corps du patient. Autre avantage de cette technique, ces cellules artificielles peuvent être des vecteurs de radionucléide. Cette dernière servirait donc aussi de fonction thérapeutique ou de visualisation. Pour ces cellules artificielles, les chercheurs ont utilisé des matériaux non toxiques, acceptés par l’organisme qui ne les détecte même pas. L’atout de cette méthode est sa précision : les nanoparticules ne détruisent que les cellules cancéreuses puis sont évacuées par les reins. Elles ne laissent pas de traces ni d’effets secondaires dans l’organisme. Les chercheurs doivent maintenant essayer d’adapter leurs résultats à un traitement contre le cancer. La prochaine étape viserait à diriger, au nanomètre près, ces nanoparticules vers les tumeurs. S’ils y parviennent, les traitements seraient plus efficaces car directement administrés sur les cellules cancéreuses. Un espoir important pour les traitements en oncologie afin, peut-être un jour, de remplacer la chimiothérapie et ses lourds effets secondaires.

    D.C. ■

     

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