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  • Troubles de l'équilibre, crises d'épilepsie… Les dangers potentiels de l’immersion dans la VR

  • À y regarder de plus près, l’utilisation de la VR n’est pas sans conséquences. Non seulement pour les personnes cardiaques, épileptiques, ou celles souffrant de stress, d’angoisse, de schizophrénie ou de paranoïa, mais aussi chez les sujets les plus jeunes. En effet, les casques de réalité virtuelle ou augmentée sont composés d’un écran placé devant les yeux, qui oblige à une mise au point permanente de l’œil au risque d’y voir flou. Si chacun est capable de maintenir son attention sur une durée plus ou moins longue, l’exercice favorise la myopie, notamment chez les moins de quinze ans. Ensuite, ces écrans émettent une lumière bleue qui peut se révéler toxique dans le temps, toujours chez les plus jeunes. Un usage prolongé de la réalité virtuelle peut en outre provoquer une sécheresse des yeux, voire d’autres troubles de la vision. Par exemple, en retirant un casque VR après une longue période dans la réalité virtuelle, il est possible de voir flou pendant quelques instants. Cette sensation est similaire à l’effet ressenti en essayant les lunettes d’une personne myope, par exemple. Elle peut ainsi aller jusqu’à provoquer une migraine. La solution pour éviter cet effet est d’observer des pauses à intervalle régulier. Il est également important de bien régler le focus du casque de réalité virtuelle, lorsque c’est possible.

    Par ailleurs, une équipe de chercheurs de l’Université de Leeds (Royaume-Uni) a cherché à identifier de possibles effets secondaires de la réalité virtuelle sur cette cible en partant du constat qu’elle modifie notre perception en trompant notre cerveau via la vision et l’ouïe. Il se trouve que c’est cette même perception qui est utilisée pour guider nos actions motrices. Or, et cela a été démontré par cette étude, il y un décalage entre la perception et l’action, qui force le cerveau à s’adapter. Si cette action ne pose pas de difficulté pour l’adulte, elle est plus problématique chez l’enfant dont le cerveau n’est pas encore totalement développé. Les chercheurs ont ainsi mené une expérience sur un groupe de 20 enfants, âgés de 8 à 12 ans. Ceux-ci ont joué pendant une durée de 20 minutes en réalité virtuelle. Après examen, les scientifiques ont mis en évidence de légers problèmes de vue et d’équilibre chez certains, et des pertes d’équilibre chez d’autres. A noter que cette expérience a duré 20 minutes et que les résultats constatés étaient provisoires. Chez les plus âgés ensuite, l’usage de cette technologie peut être perturbant de par le concept de nouveauté qu’elle introduit, sans compter que le poids du casque peut désorienter les plus faibles.

     

    Des symptomes analogues à ceux du mal des transports

    Ensuite, pour ceux qui n’ont jamais testé la réalité virtuelle, le processus d’immersion peut faire perdre le contact avec le réel, ce qui n’est pas sans poser problème lorsqu’il existe des enjeux psycho-affectifs où le thérapeute doit pouvoir interagir avec le patient. Il doit pouvoir détecter dans le regard de son patient le besoin d’aide de la même façon que ce dernier doit pouvoir se reposer sur son thérapeute. Par ailleurs, certains patients peuvent ressentir le mal de réalité virtuelle dont les symptômes sont analogues à ceux du mal des transports. Un mal s’expliquant par le fait que ces patients sont dotés d’un système d’équilibre basé principalement sur le système visuel. En l’occurrence, ils ne peuvent bénéficier du soutien apporté par cette technologie. Enfin, et ce n’est pas mince, l’immersion dans un monde irréel peut provoquer une perte de repères dans le monde et générer des troubles psychologiques tels que la dépression. Si la technologie est séduisante à plus d’un titre, reste pour l’heure que les spécialistes n’ont pas assez de recul pour juger de son potentiel aspect inoffensif. Ajoutons encore qu’environ 1 personne sur 4 000 est susceptible de développer une crise d’épilepsie lorsqu’elle est confrontée à des flashs lumineux, la réalité virtuelle peut en l’occurrence être un déclencheur. Les constructeurs de casques VR recommandent donc aux personnes sujettes à l’épilepsie d’éviter d’utiliser leurs équipements. La probabilité de déclencher une crise d’épilepsie augmente toutefois en fonction du temps passé dans la VR sans observer de pause. Il est donc d’autant plus recommandé de ménager des pauses régulières.

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