TLMFMC - Formation Médicale Continue - Développement Professionnel Continu
  • Diabète et digital santé

  • Numéro TLM 106
  • Spécialité :
  • Métabolisme, Diabète, Nutrition
  • Date :
  • 04/02/2017
  • Diabète et digital santé
    Les chiffres alarmants du diabète —3,5 millions de personnes touchées en Fance dont peut-être jusqu’à 800 000 qui s’ignorent—imposent la recherche tous azymuts de solutions pour endiguer sa propagation. l’essor du digital santé propose des outils ingénieux qui responsabilisent le patient,condition sine qua non pour une prise en charge efficiente…
     
    Pas moins de 366 millions de diabétiques recensés dans le monde, et ce chiffre est en constante progression dans les pays développés : c’est ce qui ressort des données récentes de l’OMS. En France, le diabète touche 6% de la population, soit près de 3.5 millions de personnes parmi lesquelles 500 000 à 800 000 cas qui s’ignorent. Des prévisions alarmantes, l’OMS estimant que le nombre total de décès par diabète devrait augmenter de plus de 50% dans les 10 années à venir. Des chiffres qui invitent à réfléchir d’autant que, une fois installé, le diabète est une maladie dont la sévérité des complications est pour le moins inquiétante (amputation, infarctus du myocarde, AVC). Sans compter l’impact économique : en 2011, le coût du diabète s’élevait en France à 17,7 milliards d’euros, soit 10 % des dépenses globales de santé. Au regard de la multiplicité des impacts, les nouvelles technologies se révèlent aussi précieuses qu’utiles. Entre autres outils à ce jour utilisés, les sites, les applications mobiles, les serious games, les objets connectés, les communautés virtuelles et la télémédecine.
     
    Les solutions connectées, orientées vers la prévention (auto-mesure de la glycémie, calcul automatisé des doses d’insuline) et une prise en charge plus rapprochée grâce à des applis mobiles, permettent de transmettre en temps réel mesures et informations au médecin traitant. Ce dernier peut dès lors suivre à distance le diabète de son patient et lui préconiser ou rectifier le traitement à suivre. Pour le patient, ces objets proposent des conseils (alimentation, activité physique…) et donnent la possibilité de suivre son taux de glycémie en temps réel et de calculer la dose d’insuline à injecter en cas de diabète de type I. Et grâce au cloud, le patient a accès à l’historique de tous ses relevés et peut partager ces données avec son médecin. Au final, ces outils connectés apportent un avantage considérable en matière de prévention. Si ce nouveau modèle de soin dématérialise en partie la relation médecin/patient, bouleversant sa forme traditionnelle, il faudra  patienter quelque temps encore pour apprécier pleinement la valeur de ce changement.   
    Frédérique Guénot
     
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  • Ce dossier est composé de 5 Articles
  • Le plébiscite des applis - Auteur : Frédérique Guénot
  • Suivre sa maladie à la trace… - Auteur : Frédérique Guénot
  • L’info à la source - Auteur : Frédérique Guénot
  • Télémédecine : un suivi à distance qui a fait ses preuves… - Auteur : Frédérique Guénot
  • Ludiques et pédagogiques - Auteur : Frédérique Guénot
  • Ce dossier est composé de 5 Articles


D’une manière générale, les objets connectés sont essentiellement conçus afin de s’adapter aux besoins du grand public. Dotés de capteurs envoyant des informations vers une application mobile ou un service web, les objets connectés permettent de conserver un historique détaillé et vont jusqu’à suggérer des améliorations liées à l’activité physique ou le suivi du traitement. En utilisant smartphones ou tablettes comme des passerelles de transmission, ces objets connectés permettent de construire un historique d’auto-mesures accessible sur son tableau de bord personnel.

Slow Control

Fourchette connectée qui mesure des données de chrono-nutrition qui sont ensuite remontées vers une plateforme web et mobile. Slow Control permet d’exporter sur la fourchette et/ou sur le smartphone des alarmes qui délivrent un feedback en temps réel pour corriger le « manger vite ». Des fonctions additionnelles enrichissent le suivi (photos, contenu du repas, commentaire, évaluation du niveau de satiété).

Site : www.slowcontrol.com/fr/index.php

Système Freestyle Libre

Système flash d’autosurveillance du glucose développé par le laboratoire Abbott S.A.S (France). Il permet une mesure du glucose interstitiel dans le traitement des patients atteints d’un diabète de type 1 ou de type 2 (adultes et enfants âgés d’au moins 4 ans) traités par insulinothérapie intensifiée (par pompe externe ou ≥ 3 injections par jour) et pratiquant une autosurveillance glycémique (ASG) pluriquotidienne (≥3/j). Ce système est réservé aux patients ayant reçu une éducation thérapeutique ainsi qu’une formation spécifique à l’utilisation du système flash d’autosurveillance du glucose interstitiel. La prescription initiale de ce système doit être assurée par un diabétologue ou par un pédiatre expérimenté en diabétologie.

www.freestylediabete.fr/

Bee, pour suivre ses injections d’insuline

Ce petit outil permet d’enregistrer les données mesurées par les principaux stylos à insuline du marché. En se greffant sur les objets déjà utilisés par les personnes diabétiques, Bee vise à simplifier l’emploi de la santé connectée. Bee envoie par bluetooth les informations collectées sur le smartphone de l’utilisateur et permet le partage aux proches ou au médecin, par exemple. Placé au bout du stylo ou dans l’étui du lecteur, il transmet la mesure de glycémie et la dose d’insuline au smartphone. Compléter son carnet d’autosurveillance devient simple et instantané. Les données peuvent être partagées avec le médecin, l’infirmière ou les proches.

Diabeo

Conçue par le Ceridt (Centre d’études et de recherche pour l’intensification du traitement du diabète), la solution Diabeo repose sur un programme informatique téléchargeable gratuitement depuis un PDA ou un smartphone via le site web Diabeo. Le système intègre la prescription du médecin traitant. Avant chaque repas, le patient introduit dans son smartphone son taux de glycémie et la composition de son repas. Le système lui indique en retour la dose d’insuline correspondant à la situation, et propose éventuellement une modification de cette prescription.

Sugar : la Smartwatch

La montre intelligente Sugar lancée par Bolt et conçue pour les diabétiques est équipée d’un lecteur de glycémie ou capteur de glucose, que le malade doit positionner et porter en permanence au niveau du ventre pour obtenir des données fiables. Le lecteur de Sugar est connecté à une montre dotée d’un écran OLED et d’un bracelet élastique. Dans le cas où le taux de glycémie atteint un certain niveau, la montre connectée vibre pour indiquer qu’une injection d’insuline doit être réalisée rapidement. Les données recueillies par les deux objets sont envoyées via bluetooth sur le smartphone du patient ; ce dernier pourra les consulter à loisir pour suivre et analyser son niveau de glucose. Les informations récoltées par Sugar lui permettent aussi de comprendre la réaction de son corps en fonction de son alimentation et de ses activités journalières. Outre le taux de sucre, l’application mobile permet au porteur de se renseigner sur le nombre de pas qu’il effectue quotidiennement et sur son rythme cardiaque.

Un dispositif révolutionnaire de l’auto-mesure glycémique

L’Université de Leeds, en Angleterre, vient d’annoncer la mise au point d’un dispositif d’analyse de la glycémie via une technologie Photonic. Il s’agit d’un dispositif envoyant un rayon laser de faible puissance sur la peau. Lorsque ce rayon est renvoyé par l’épiderme, il traverse un verre spécifique qui va permettre d’analyser le taux de glucose présent dans le sang via un phénomène de fluorescence. Cet outil permettra d’éviter au patient diabétique d’avoir à subir les nombreuses piqûres nécessaires à son auto-surveillance.

FeetMe

IL s’agit là d’un projet de semelle à capteurs de pression connectée pour la prévention des ulcères chez les patients atteints de neuropathie. La semelle dotée de capteurs de pression ultrafine sera connectée via bluetooth à un smartphone, une tablette ou un ordinateur. La pression plantaire sera analysée et le patient sera informé en temps réel en cas d’hyperpression ou de forces de cisaillement anormales pendant la marche au quotidien. FeetMe cherche à réduire le risque de plaie des patients diabétiques tout en leur permettant de vivre une vie normale et respectant leurs contraintes personnelles.
Ces semelles confortables associées à des alertes instantanées si la pression plantaire du patient change permettent un accompagnement au quotidien des patients.

Site : www.feetme.fr/index2.html

Un robot  pour aider les enfants diabétiques

Aux Pays-Bas, un robot nommé Charlie apprend aux enfants atteints de diabète de type 1 à faire face à leur maladie et à éviter les erreurs de dosage, qui pourraient leur être fatales. Conçu pour des enfants âgés de 7 à 14 ans, le robot aux yeux en forme de billes et aux hauts-parleurs en guise d’oreilles leur demande de répondre « vrai ou faux » aux questions posées par l’intermédiaire d’une tablette. Les créateurs de Charlie entendent ainsi développer une nouvelle sorte de personnage qui aide les enfants à faire face à la maladie, leur apprend ce qu’est le diabète ainsi que les effets du sport et de la nourriture. Intitulé « Assistant personnel pour un mode de vie sain », ce projet est développé par l’Organisation néerlandaise pour la recherche en sciences appliquées (TNO) et ses équivalents italien et allemand FCSR et DFKI, ainsi que l’université de Delft et l’Imperial College de Londres. Toujours en phase de test, ce robot doit encore apprendre à mieux évaluer les besoins des enfants et ceux de leurs parents et transformer ses interactions en véritables conversations.

Des chaussettes connectées

La start-up américaine Siren Care a conçu des chaussettes connectées visant à prévenir l’amputation chez les diabétiques porteurs d’ulcères des membres inférieurs. Rappelons qu’en France, chaque année, 10 000 patients diabétiques doivent être amputés. Des capteurs intégrés dans le textile mesurent la température corporelle des pieds en temps réel. Les informations récoltées sont transmises sur le téléphone, via une application dédiée. En  cas d’inflammation de la peau, une notification est envoyée. Des tests cliniques sont toujours en cours aux Etats-Unis mais ces chaussettes intelligentes sont d’ores et déjà disponibles en précommande sur le site de Siren Care.

 

  • Auteur :
  • Frédérique Guénot