TLMFMC - Formation Médicale Continue - Développement Professionnel Continu
  • La Robotique médicale

  • Numéro TLM 105
  • Spécialité :
  • Santé connectée
  • Date :
  • 01/11/2016
  • La Robotique médicale
    Sécurité et performances
    En quelques années la robotique médicale est devenue l’un des paramètres fondamentaux du monde de la santé. Tous les domaines sont concernés : elle intervient au niveau de la formation, elle accompagne déjà nombre de professionnels de santé, et elle s’est taillé une place de choix dans le traitement avec la révolution en cours dans les techniques de remplacement d’organes ou de membres artificiels. Quel qu’il soit, le robot médical articule une structure mécanique et motorisée avec une interface homme/machine, des instruments, des composants électroniques et un logiciel. Son objectif principal est de potentialiser les capacités de l’opérateur comme de la machine avec pour objectif des performances inaccessibles par un seul des deux. Ces robots ne remplacent donc pas la main humaine, ceux utilisés en chirurgie servent à rendre possibles des opérations qui ne l’étaient pas auparavant ou à faciliter des interventions complexes plutôt qu’à les automatiser. Mais d’ores et déjà on peut prédire, sans grand risque de se tromper, que la chirurgie de demain en sera transformée de fond en comble, d’autant que les robots répondent au besoin d’une meilleure sécurisation, exprimé avec une exigence croissante par les patients. Ce dossier TLM dresse un panorama prospectif d’une révolution qui, au-delà du caractère spectaculaire de ses réalisations actuelles, n’en est encore qu’à ses balbutiements. 
    Dominique Noël
    Coordinatrice du dossier TLM
     
  • Ce dossier est composé de 3 Articles
  • Le robot, meilleur ami du médecin...et du patient - Auteur : Diane Cacciarella
  • La troisième main du chirurgien - Auteur : Frédérique Guénot
  • Le nouvel office de la robotique médicale - Auteur : Frédérique Guénot
  • Ce dossier est composé de 3 Articles

Trente ans après la naissance des premiers specimens multitâches, la robotique médicale se spécialise : chirurgie de la prostate, orthopédique, cardiaque… Elle a aussi développé des systèmes d’assistance aux personnes dépendantes ou atteintes d’un handicap moteur ou sensoriel.

Si la robotique médicale a eu son heure de gloire jusqu’au début des années 2000, les équipes de recherche ont peu à peu développé des solutions dédiées à la tâche à effectuer alors que la robotique initiale visait à concevoir un outil adapté à une multitude d’actions. Si le robot anthropomorphe à six axes imite le bras humain pour une utilisation multi-usage, (chirurgie cardiaque, abdominale, de la prostate…), le principal succès actuel est le Da Vinci utilisé pour la chirurgie de la prostate pour laquelle il a su démontrer son intérêt. L’on peut alors se demander quelle aurait été la structure de ce robot si sa conception avait visé la seule chirurgie de la prostate.

Cela étant, les progrès de ces robots chirurgicaux sont bénéfiques à plus d’un titre : équipés d’une vision 3D et d’un zoom, ils offrent une meilleure vision de l’opération, une plus grande précision du geste chirurgical, les logiciels de ces robots comportant des programmes de démultiplication des mouvements ou bien d’automatisation du geste. De plus, ils sont équipés d’outils d’opération très fins, permettant des incisions réduites, et donc des pertes sanguines limitées. Induisant un allègement des douleurs, une réduction des infections, des cicatrices circonscrites et donc une récupération plus rapide. Autre avantage pour le praticien, une moindre fatigue, le chirurgien pilotant la console ou contrôlant le bon fonctionnement du robot. Ces avantages intéressent en premier lieu le chirurgien, mais les conséquences de l’amélioration du geste chirurgical profitent évidemment au patient. En revanche, le temps d’installation et de désinstallation —de 15 à 25 minutes— est un inconvénient, sans compter que le chirurgien doit avoir suivi une formation spécifique. Ensuite, le risque majeur est la panne de courant, mais la plupart des robots chirurgiens sont aujourd’hui équipés d’un système de sécurité leur permettant de fonctionner en autonomie un peu plus de 20 minutes. Dernier inconvénient, leur prix élevé ne met pas ces robots chirurgicaux à la portée de tous les hôpitaux.

Vers des systèmes dédiés

La tendance actuelle est alors aux systèmes dédiés qui incluent, entre autres, les robots utilisés pour les interventions médicales et chirurgicales (robots porte-aiguille, robots-guides en chirurgie orthopédique, robots en chirurgie transluminale ou à trocart unique, cathéters actifs, stabilisateurs cardiaques, robots autonomes de type capsules ingérables…). Ces robots sont cantonnés dans des tâches qui ne les placent pas au contact du patient.

La robotique d’assistance pour les personnes souffrant de déficiences motrices est également très active : elle concerne des personnes handicapées ou des personnes âgées présentant des troubles physiques sensoriels, moteurs ou cognitifs. Le but de ces robots (exosquelettes, prothèses actives, dispositifs de prévention de chute…) est d’améliorer la qualité de vie et l’autonomie du patient. Ces structures doivent néanmoins être en capacité d’interagir de façon fiable avec l’homme. Enfin, les robots sociaux possédant des capacités cognitives pour l’interaction avec les patients font toujours l’objet de nombreux travaux.

Mais si la chirurgie robotisée s’est fortement développée de par le monde en moins de trente ans, rendant par là les interventions toujours plus précises, il est encore trop tôt pour avancer que ces robots puissent un jour remplacer l’homme. En effet, le robot est trop standardisé, et ne reste pour l’instant qu’un outil au service du chirurgien. Reste que la question de la dépendance des robots, voire celle de l’homme bionique (le robot se posant comme une prolongation du chirurgien) se pose avec acuité. Il est alors légitime de s’interroger sur le rapport homme/robot : les chercheurs s’intéressant à la création de robots toujours plus performants, il est à craindre que cette ambition puisse, peut-être, faire disparaître le médecin ou au moins le réduire.

F.G.

  • Auteur :
  • Frédérique Guénot