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  • Les médicaments de l'amour

  • Il est classique de dire que quand on est amoureux, on se sent des ailes, on se sent fort, on se sent mieux dans son corps, on a moins de plaintes de santé.

    Si l’on en croit Lucy Vincent et la nombreuse bibliographie qu’elle a utilisé, l’amour favorise une meilleure santé. On a constaté, nous dit-elle, que dans une étude sur 174 patients sous dialyse, une baisse de 29 % de la mortalité lors du contrôle à 3 ans chez ceux qui se disaient satisfaits de leur relation amoureuse. Il en est de même chez  les femmes qui avaient rapporté des difficultés amoureuses et relationnelles lors d’un premier événement coronaire sévère. Il y a eu 3 fois plus d’incidence de deuxième événement coronaire (étude sur 292 patients).

    Mais le rapport amoureux, au sens sexuel du terme, intervient aussi, d’autant que les baisers, les caresses, le coït…, favorisent grandement l’augmentation de l’ocytocine, hormone de l’attachement, qui entretient l’état amoureux (quand il est déjà là). Tous ceux qui l’ont vécu le disent : les effets positifs des relations sexuelles dans un contexte amoureux sont décuplés.

    De plus de récentes études soulignent une baisse des risques cardiaques liés à la fréquence des relations sexuelles. On en vient à l’idée commune que faire l’amour est un « sport » puisque les pulsations cardiaques passent de 70 à 80 par minute en moyenne, à plus de 100 lors du rapport, pendant la période d’excitation, et à 180 pulsations au moment de l’orgasme ! Peut-on le considérer comme un excellent exercice ? On a envie d’y croire. On sait qu’aujourd’hui on aurait plutôt tendance à favoriser la reprise des rapports sexuels après un infarctus et à ne plus l’interdire, sauf cas particulier.

    Si l’on prend ce point de rencontre entre la médecine et l’amour dans l’autre sens, on retrouve le signe d’alerte de maladie cardio-vasculaire que représente la dysfonction érectile (DE) quand elle est répétitive ou permanente depuis plus de 3 à 6 mois. L’artère caverneuse étant de petit diamètre, si elle s’oblitère, elle attire l’attention pour que nous vérifiions les artères plus larges comme les coronaires.

    Par ailleurs, que penser de cette étude paru dans le JAMA en 2004 : l’acte sexuel pourrait réduire le nombre de cancer de la prostate. Il permettrait de réduire de 30% le risque de développer la maladie qui, en France, touche chaque année 50.000 hommes.

    Sur un plan plus psycho-émotionnel, il est bien connu que l’acte d’amour est un excellent remède contre l’insomnie. Il favorise le sommeil, ce qui de fait réduit le stress.

    En outre, l’acte sexuel réussi est suivi d’une certaine euphorie, sans doute du fait de la sécrétion de la sérotonine et la dopamine, véritables hormones du plaisir. Elles dopent l’organisme tout entier, provoquant un sentiment d’allégresse. Mais surtout, le plaisir sexuel libère des endorphines, morphines endogènes, dont l’effet est de provoquer un état de relaxation favorable à l’endormissement. Il apaise, décontracte, mais aussi tonifie et stimule, ce qui a un impact très positif sur l’état psychique.

    Les Médicaments de l’amour :

    Chez les "80 à 91 ans" étudiés dans le cadre de l'enquête de Starr et Weiner cité par Germain,  93,4 % déclarent aimer la sexualité, 80,3 % estiment que le sexe à un effet positif sur leur santé, bien qu’à ces âges là et même un peu avant, on fasse plus souvent appel à la médecine pour aider à traiter une dysfonction érectile avec les IPDE5, les injections intra-caverneuses ou même le vacuum chez l’homme et le patch à la testostérone en cas de baisse de désir sexuel chez les femmes qui ont eu un ménopause chirurgicale. Sans compter les divers « petits moyens » qui dépendent aussi de la prescription du médecin comme les lubrifiants ou hydratants vulvo-vaginaux pour les femmes qui se plaignent d’absence de lubrification vaginale. S’il y a en plus une sécheresse vaginale un traitement hormonal local (sous forme d’ovules ou de crèmes) sera utile. A la période de la ménopause un THM (traitement hormonal de la ménopause) réduira la sécheresse vaginale et facilitera l’activité sexuelle.

    Mais même si la médecine tente d’expliquer un certain nombre de phénomènes amoureux, par le biais des hormones, phéromones et autres neurotransmetteurs, l’Amour gardera toujours une part obscure dans laquelle le merveilleux et le magique occupent la première place.

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